Grossesse: oubliez votre pudeur!


Je traite ce sujet parce que je trouve qu'à l'heure actuelle, où beaucoup de personnes osent parler de tout, la pudeur pendant la grossesse reste tabou.

Je suis moi-même quelqu'un qui aborde avec mon conjoint, mes amis, ma famille, des sujets intimes sans en rougir, et je m'étonne qu'aucune femme de mon entourage ayant vécu une grossesse, ne m'ait parlé de la nudité, de la gêne ressentie par tous ces examens gynécologiques.

Alors je vais vous le dire très franchement: oui, dévoiler mon intimité à tout bout de champ m'a posé un sérieux problème durant ma grossesse.

Je ne me considère pas comme étant une personne particulièrement "pudique", la nudité ne me pose pas de problème, mais je ne suis pas non plus du genre à dévoiler mon anatomie à qui veut la voir.

Forcément, quand on se rend chez un gynécologue, qui plus est pour une grossesse, on s'attend immanquablement à "baisser le bas".

J'ai vécu ma grossesse à 37 ans et jusque là, je ne m'étais jamais rendue chez un gynécologue. Pour la circonstance, il fallait bien que je me résigne à consulter.
Mon choix s'est portée sur une femme (comme je le regrette!).

Lors de mon premier rendez-vous, elle m'a dit d'emblée : "Enlevez tout. Comme c'est la première fois, je vais vous faire la totale". LA TOTALE... En effet.
Sauf que LA TOTALE, c'était à chaque rendez-vous.

Alors certains diront que cette spécialiste est consciencieuse et qu'elle exerce correctement son métier. Oui, bien sûr, mais j'aurais préféré qu'elle le soit davantage quand c'était nécessaire, ça m'aurait évité de frôler la mort lors de mon accouchement. 

D'autant que lors d'un rendez-vous post-natal, son époux, également gynécologue, m'a clairement dit "De nos jours, il n'est plus nécessaire d'effectuer de toucher vaginal ou autre examen de ce genre, l'échographie est suffisante pour voir l'ensemble de l'utérus."
On discutait de l'avancée technologique dans le milieu médical et quand je l'ai entendu me dire ça, j'ai réalisé que j'avais vraiment été stupide d'avoir choisi une femme gynécologue pour des raisons de pudeur.

Mais alors, le comble du moment gênant a été lors du déclenchement de l'accouchement.

Mon mari le savait, je préférais qu'il ne soit pas présent lors des examens gynécologiques ou autres situations que j'estime étant gênantes.
OUI nous sommes mariés, OUI il connaît mon anatomie, OUI nous discutons de tout sans problème , mais NON, en aucun cas je ne voulais qu'il assiste à une scène où je me retrouvais les jambes écartées sur une table, impuissante, souffrant le martyre.

Mais c'est pourtant ce qui est arrivé. Une sage-femme "à la main digne d'un camionneur" (ce sont les termes que mon mari a employés pour me remémorer cet "instant magique" avec humour, quelques mois plus tard.) s'est armée d'une espèce de griffe de faucon et m'a percé la poche des eaux. Un grand moment de solitude psychologique...

Et bien sûr, après l'accouchement, c'est ce que j'appelle être "le défilé du 14 juillet"!

Médecins, infirmières, aide-soignantes, ... Tout le monde va et vient dans votre chambre pour contempler vos parties intimes et faire des commentaires.
Celles qui viennent vous changer ces couches glamour de 10 cm d'épaisseur, vérifier la cicatrisation, vous proposer de vous aider à prendre une douche, ... 

STOP!
Je me suis remémorée la réplique de Cristian Bujeau dans Les Visiteurs : "J'en ai marre qu'on m'reluque le cul!!". C'est exactement ce que j'avais envie de crier.

L'HORREUR.


Je le répète, je ne suis pas d'un naturel pudique, mais j'ai mal vécu cette intrusion dans mon intimité.

D'ailleurs, je n'ai pas effectué les séances de reconstruction du périnée, conseillées après un accouchement. J'avais envie qu'on me laisse tranquille.
Et... Mon périnée se porte très bien.

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